Les adieux de Rackys Bokela à son ami et père spirituel, Révérend Abbé Jean-Corneille Baatano

Ainsi « sonne le glas » de la fin brutale d’un parcours taillé dans le roc. Une vie façonnée par de durs labeurs, un édifice qui s’écroule sans aucun secours. Ta force de caractère, ta volonté inébranlable et la poursuite sans relâche de tes idéaux illustraient pleinement ta personne et ta personnalité. Bref, une mentalité de fer.

Malheureusement, cette métaphore historique et contemporaine annonce ta mort, Jean-Corneille. L’intelligence, tu l’avais ; l’ascétisme était collé à ta peau ; la serviabilité était ton quotidien. Jean-Corneille, Kondi, et affectueusement Isootonga, mon ami, tu as brisé mon cœur et assombri mon étreinte.

Mon ami de tous les jours, mon confident et mon conseiller, dont les âges ont renversé la hiérarchie naturelle de la jeunesse et de la maturité. Ma jeunesse turbulente répondait à ton âge de sagesse, et vice versa. Le destin en a décidé autrement aujourd’hui, occultant la fougue d’acribie et l’adunation intellectuelle qui frôlaient et apprivoisaient les extrémités du savoir humain. Une intelligence qui s’en va sans être totalement exploitée par la communauté.

Comme la couche verte se voile dans la brume, ta disparition ressemble à cette étreinte verte qui s’engouffre dans la torsion. Je me souviens de la rivière de mes larmes versées pendant ton long et pénible séjour comateux à l’Hôpital Saint Joseph de Limete, à Kinshasa, et ta longue période de convalescence graviteront à jamais dans mes souvenirs.

Un bel homme, doté d’une grande intelligence, un misonéiste inné et un esprit exigeant, tu avais choisi, contre toute attente, l’apostolat. Et tu es tombé sur le champ de bataille comme Jésus-Christ, notre meilleur pèlerin. Mon cher ami, tu avais délibérément décidé de ne pas chercher le succès matériel, suivant ton vœu de pauvreté ; à contrario, tu avais choisi d’être un serviteur pétri de valeurs incommensurables que tu légueras à la communauté chrétienne. Un homme dont la générosité n’avait d’égal que sa rigueur.

Tu t’en vas sans testament, ni indice de paroles consignées. Une chose est indélébile : la justice divine ne faillit jamais et n’oublie absolument rien.

Adieu mon ami, adieu mon confident et adieu mon père spirituel. Je te pleure.

Rackys Bokela Lifofi

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